Prélèvement à la source, quels changements pour l’épargne retraite des travailleurs non salariés ? © Istock

Prélèvement à la source, quels changements pour l’épargne retraite ?

4 juin 2018

Le décalage entre vos revenus perçus et le règlement de l’impôt s’y référant sera supprimé avec la mise en place du prélèvement à la source au 1er janvier 2019. L’impôt devient ainsi le reflet de votre situation : divorce, vente de l’entreprise, hausse d’activité… Quelles sont les conséquences pour votre épargne retraite ?


La mesure fiscale phare du gouvernement sera finalement mise en place en janvier 2019. Concrètement, vous paierez l’impôt sur vos revenus de 2017 en 2018 et l’impôt sur vos revenus de 2019… en 2019. 2018 devient donc une année de transition qui verra votre impôt sur les revenus 2018 neutralisé grâce au Crédit d’impôt modernisation du recouvrement (CIMR). L’objectif étant d’éviter une double imposition en 2019 sur les revenus concernant à la fois l’année 2018 et celle de 2019. En tant qu’indépendant, vous payerez désormais votre impôt par un système d’acomptes calculés par l’administration d’après votre dernière déclaration fiscale. Ces acomptes seront étalés sur 12 mois et prélevés automatiquement, mensuellement ou par trimestre. La grande nouveauté, c’est qu’ils pourront être adaptés en fonction de vos revenus de l’année en cours sur simple déclaration. Plus la peine d’attendre un an pour faire correspondre votre impôt à vos revenus.


Des conséquences sur votre épargne retraite

Le crédit d’impôt exceptionnel, neutralisant l’impôt des revenus de 2018, a des conséquences importantes sur les charges déductibles fiscalement, à l’instar de vos cotisations sur vos contrats d’épargne retraite versées en 2018 comme le contrat Madelin ou le Perp. Durant l’année de transition, il est important de poursuivre le versement de vos cotisations, pour lequel vous vous êtes engagés. 

En effet, en l’absence de cotisations, pas de déduction fiscale. Dans le cas spécifique du contrat Madelin, vos revenus professionnels imposables (BIC, BNC) seront donc plus élevés que les dernières années. L’administration fiscale risquant de considérer cette différence comme des revenus exceptionnels, vous serez donc imposé sur cette somme. En maintenant votre niveau de cotisation annuel, vous évitez ainsi des impôts supplémentaires au titre de 2018. 

Que ce soit dans le cadre d’un contrat Madelin ou Perp, rien ne vous oblige à effectuer annuellement des versements. Il est donc tentant de suspendre les cotisations en 2018 pour les reprendre en 2019… Ceci est pourtant un mauvais calcul. Sans compter la perte subie par votre épargne retraite, sachez qu’une disposition spécifique a été adoptée par la loi de Finances rectificative du 28 décembre dernier pour vous inciter à poursuivre votre effort d’épargne. Cette dernière prévoit que « si le montant des cotisations d’épargne retraite versé en 2018 au titre des dispositifs Perp et produits assimilés (PREFON, COREM, CRH et versements individuels et facultatifs sur les contrats de retraite supplémentaire Pere) est à la fois inférieur à celui versé en 2017 et à celui versé en 2019, alors le montant des cotisations qui sera pris en compte pour l’imposition des revenus de 2019 sera égal à la moyenne du montant des cotisations versées en 2018 et 2019 ».

 

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